Au delà du problème récurrent des urgences, des effectifs et des moyens alloués à l’hôpital de Lens, il est nécessaire de se pencher sur la future désertification médicale de notre ville qui est déjà à un stade avancé du problème.

1/3 des médecins libéraux omnipraticiens de la ville de Lens sont dans une tranche d’âge > 60 ans et pour la plupart largement au-dessus.

Il est urgent d’anticiper le remplacement de ceux-ci quand on connait les difficultés actuelles d’attractivité dans ce domaine de notre territoire et les attentes des nouveaux diplômés ou jeunes praticiens.

Lens est clairement en train de décrocher par rapport à la moyenne nationale en terme de nombre moyen d’omnipraticiens.

La proportion de praticiens de plus de 55 ans est nettement plus élevée à Lens que sur la moyenne du territoire national

A Lens , un praticien de médecine générale a une activité en nombre plus importante que la moyenne nationale

On ne peut que constater que la moyenne d’âge des praticiens sur Lens est supérieure à la moyenne nationale, que leur activité moyenne est supérieure (ce qui veut dire des journées plus longues pour eux en général), et il est donc légitime d’anticiper de nombreux départs de praticiens de médecine générale à court terme sur notre ville de Lens.

Par ailleurs, il n’y a pas que la médecine générale qui est impactée : il nous manque également en ville un certain de praticiens de médecine de spécialité qui ne sont plus représentés suite à des départs.

Le nombre de bénéficiaires (environ 30 000) et le nombre d’actes (environ 180 000) sont globalement stables dans le temps sur Lens

Les statistiques sont formelles : le nombre de bénéficiaires des actes de médecine générale sur notre ville est quasi constant dans le temps et on ne peut que constater dans le détail que la consommation moyenne des actes est supérieure à la moyenne française dans toutes les classes d’âges ! C’est l’illustration – entre autres – de notre dernière place en France dans les indicateurs de santé !

Concrètement, cela signifie que si l’on ne fait rien (ce qui est le cas actuellement) pour faire évoluer positivement cette situation , nous allons avoir un sérieux problème à régler : il y aura toujours autant de demandes d’actes médicaux et il y aura bientôt un tiers d’effectif en moins en médecine omnipraticienne libérale sur Lens !

Où vont aller se faire soigner les lensois dans cette configuration ? Sachant que la plupart des praticiens n’acceptent plus de nouveaux patients car ils sont déjà à saturation , il n’y aura que l’espoir d’en trouver dans les villes avoisinantes ou d’aller aux urgences …. qui sont en train d’exploser …..

Conclusion : Il est plus que temps pour la municipalité d’anticiper le problème de la santé à Lens, de prendre des mesures pour créer et accueillir de nouveaux pôles santé (une étude récente de l’ARS a démontré qu’une large majorité de jeunes diplômés ne souhaitent plus exercer que dans le cadre de cabinets de groupe ou de pôle santé regroupant plusieurs praticiens médicaux ou paramédicaux) et de favoriser par tous les moyens disponibles les initiatives privées dans ce domaine. A défaut, tous les efforts pour recréer de l’attractivité au sein de la ville de Lens seront vains ….

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