“A céder”, “Liquidation, tout doit disparaître” , dans de nombreuses villes moyennes, les vitrines des commerces ont des allures austères. Lens ne fait pas exception en la matière. Il n’y a qu’à traverser les axes du centre-ville pour s’en rendre compte.

👉 Le contexte de crise sanitaire et ses conséquences économiques vont hélas certainement encore aggraver le problème à la rentrée….

👉 Depuis plus de trente ans, le développement des zones périphériques a contribué à dévitaliser les centre-villes, particulièrement ceux des villes moyennes comme Lens.

👉 Le choix de privilégier la croissance de la zone Cora Lens 2 avec la création de l’extension POP A a joué un rôle indéniable dans le départ de nombreuses enseignes commerciales du centre-ville de Lens vers cette zone de flux réguliers. C’est une erreur grave de vision stratégique de long terme pour la ville …. mais c’est fait….

👉 La vacance commerciale, c’est à dire la proportion de commerces à céder ou à louer ne cesse de progresser, notamment à Lens , où elle dépasse les 20 % (12 % en moyenne nationale à fin 2018 selon la fédération du commerce spécialisé). A l’inverse, le flux de clients accueillis dans les boutiques est en baisse constante de plus de 5% par an depuis 5 ans (chiffres Procos).

👉 Si le déclin est bien réel et non contestable, le développement des commerces de périphérie n’en est pas l’unique responsable. Ce qui fait souffrir le commerce de centre-ville, c’est aussi le fait tout simple que des habitants n’y vivent plus ! Des fonctions essentielles comme les commerces et les services se sont progressivement déplacés vers la périphérie , la qualité de vie s’en est ressentie pour les citoyens lensois et de nombreux habitants de Lens sont partis vivre ailleurs….

👉 La concurrence de commerces attractifs en périphérie, dotés de vastes parkings où les clients peuvent se garer rapidement et gratuitement (un reproche récurrent de la population qui délaisse le centre-ville est la mise en place du stationnement payant), joue sans aucun doute un rôle dans ce déclin. D’autant plus que la typologie de commerces implantés dans les centre-villes n’est pas optimale. Les commerces d’habillement, en difficulté structurelle, y sont surreprésentés, tandis que s’installent en périphérie des enseignes discount, de sport ou d’aménagement de la maison dont la croissance est dynamique.

👉 Alors que faire ? Le déclin auquel on assiste est il inévitable ? Doit-on rester passifs et inactifs sur ce sujet ?

Évidemment non !

➡️ Quelles sont les pistes et les actions que devrait mener la municipalité souhaitant redonner de la vitalité économique et commerciale dans sa ville de Lens ?

👉 A l’instar d’un centre commercial, un centre-ville devrait attirer les visiteurs des zones alentours . Des mesures pour renforcer l’attractivité sont donc indispensables. Y compris la gratuité des parkings pour tous par un système simple compris de tous.

👉 Créer de nouvelles animations festives régulières et d’ampleur régionale, des festivals, des concerts, sur des thèmes nouveaux ou jamais réalisés.

👉 De nombreuses villes moyennes en France se sont attachées à réimplanter des cabinets médicaux et pas que dans le centre ville afin de recréer un flux régulier de consommateurs. Ce sont des exemples sur lesquels il faut s’inspirer.

👉 La CALL et la ville devraient s’accorder et mettre à disposition des locaux de grandes tailles pour attirer les commerces les plus attractifs et éviter que ceux-ci ne s’implantent en périphérie. (Exemple : mobiliser des aides européennes, régionales et départementales pour recréer un lieu culturel et économique sur l’ancien cinéma du Cantin )

👉 La ville devrait repenser sa vision du centre-ville et accroître la part piétonnière (et les pistes cyclabes) , notamment sur les axes rue de Paris et rue de la Paix. Dans cet axe , nous maintenons la pertinence d’une couverture verrière sur l’ensemble de la rue de Paris qui permettrait de relancer des commerces de bouche et une saine diversification des commerces.

👉 Le programme Action Cœur de Ville sur lequel Lens est prépositionné devrait être un booster sur une partie des investissements nécessaires.

👉 Mais il faut aller plus loin dans l’engagement de la ville pour la vitalité de ses murs portant des activités : anticiper les mesures annoncées par le gouvernement et lancer une foncière locale permettant le rachat de surfaces commerciales vacantes , qui seront rénovées et louées à prix bas.

👉 La ville ne peut pas tout. Il revient surtout aux commerçants d’innover pour attirer des clients qui achètent de plus en plus sur internet. Il leur faut adapter leurs horaires et proposer d’avantages de livraisons à domicile ou de Click and Collect. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine….

👉 Pour tout cela, il faut de l’argent. La ville ne peut pas tout faire seule mais elle devrait donner les premières impulsions en prenant des engagements concrets et en mobilisant davantage de l’épargne actuelle tout en faisant le choix de différer ou d’annuler certains programmes d’investissement nécessitant des emprunts.

➡️ On pourrait résumer cela par une vision de la ville dans 6 ans : moins de béton, plus de qualité de vie, plus de verdure et de places aux piétons et cyclistes en ville, plus de services et de commerces dans tous les quartiers , et, soyons fous, de la propreté partout 🙂

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